Le guide pratique du Quantified Self. Mieux gérer sa vie, sa santé, sa productivité.

Le guide pratique du Quantified Self. Mieux gérer sa vie, sa santé, sa productivité.

de Emmanuel Gadenne

 Broché 224 pages collection PraTIC Prix public TTC : 21,50 Juin 2012 ISBN : 978-2-916571-74-4

 Le premier guide de référence et d’utilisation pratique du Quantified Self.

La mesure et la collecte de multiples données liées à notre corps, à notre activité et à nos objectifs est désormais possible et nous apporte un éclairage inédit sur nous-mêmes. Le Quantified Self désigne ces nouvelles méthodes, principes et outils pour suivre, analyser et partager les données de notre quotidien.

Cette approche innovante permet à chacun d’entre nous, femmes et hommes de toutes générations, de mieux gérer notre bien-être, notre santé et notre productivité de manière simple, efficace, ludique et durable.

Dans cet ouvrage, Emmanuel Gadenne, fondateur de Quantified Self Paris et précurseur de cette pratique, en indique précisément le fonctionnement et, exemples à l’appui, comment en tirer profit. Tous les domaines de la « mesure de soi », via des outils faisant un bon usage des technologies numériques, sont passés en revue : nutrition et perte de poids, 
état cardio-vasculaire, sommeil, maladie chronique, préparation physique et sportive, gestion du comportement, auto-évaluation, auto-diagnostic, sociabilité, organisation personnelle, gestion du temps, etc. Il examine également les vertus et les conséquences de cette démarche, tant sur le plan personnel qu’au plan social.

Riche en conseils pratiques et en témoignages, ce guide propose une description détaillée des 50 meilleurs outils, applications et services permettant de bien démarrer une démarche de Quantified Self pour chacun des moments de votre vie.

Grâce à cet ouvrage, vous pourrez enfin tenir durant toute l’année vos bonnes résolutions du Nouvel An, travailler efficacement et même préparer vos vacances, et avec des résultats visibles sur la durée !

L’auteur

Utilisateur passionné du web depuis plus de 20 ans, Emmanuel Gadenne est manager dans une société de service informatique. Il a créé WebUsage.net, un espace consacré aux usages du web, et a introduit, en France, le concept de Quantified Self, notamment à travers l’espace collaboratif QSParis, qui fédère la communauté de tous les adeptes de cette pratique depuis 2011.

 

 

 

Le guide pratique du Quantified Self. Mieux gérer sa vie, sa santé, sa productivité

Interview : Emmanuel Gadenne, Co-fondateur de QuantifiedSelf Paris
Emmanuel Gadenne est consultant Internet et intervient comme Manager au sein du cabinet Sopra Consulting. Il fait partie du collectif des Explorateurs du Web et il explore et décrypte les nouveaux usages du Web depuis 3 ans sur son blog WebUsage. Emmanuel est l’une des premières personnes en France à explorer et pratiquer le Quantified Self, un thème qui intéresse de plus en plus de particuliers enthousiastes comme les startups et les géants du Web. Il nous explique comment et pourquoi collecter, stocker et analyser les données liées à son activité personnelle. Et même pourquoi pas les partager : on peut compter sur soi, mais aussi sur les autres grâce aux réseaux sociaux et à l’agrégation. Emmanuel nous propose une visite guidée pour comprendre les usages et les enjeux de cette auto-numérisation de l’individu, et si comme moi cette visite vous intrigue, vous pourrez continuer l’exploration à la première rencontre du groupe QuantifiedSelf Paris le vendredi 10 juin 2011.

Comment as-tu découvert le Quantified Self et pourquoi t’y intéresses tu ?

J’ai commencé le QuantifiedSelf en 2003, pour retrouver mon équilibre et améliorer mon hygiène de vie. Durant 3 ans, j’ai enregistré sur des carnets de note, mon sommeil, mon poids, ma consommation d’alcool et de Coca-Cola, mon humeur, etc.

Je reportais toutes ces données dans une feuille Excel :
- pour stocker ces données,
- pour analyser ces données et détecter rapidement toute amélioration ou détérioration de mon hygiène de vie,
- pour comprendre les corrélations entre ces différentes données mesurées.

Après plusieurs mois de collecte et d’analyse de données, j’avais assimilé les bonnes pratiques qui me permettaient de conserver une bonne hygiène de vie et un bon équilibre sans même y penser. Ainsi, le simple fait de me « quantifier » m’avait permis d’améliorer mon style de vie !

En 2010, sur les conseils de Christophe Ducamp je me suis intéressé au QuantifiedSelf en passe de devenir un vrai mouvement de fond. Dès août 2010, j’ai suivi les premiers pas deQuantter, une start-up très prometteuse de ce secteur fondée par Denis Harscoat et Francis Dierick.

Après 6 mois de tests et d’études sur le QuantifiedSelf, nous avons décidé, Christophe Ducamp, Denis Harscoat et moi-même de fonder un groupe QuantifiedSelf sur Paris pour créer des rencontres entre des pratiquants et des fondateurs de startups du secteur.

Qu’est ce que le « Quantified Self » ?

Vous utilisez un ordinateur, un téléphone mobile, un gadget électronique, voire un papier et une feuille pour enregistrer votre travail, votre sommeil, vos exercices physiques, votre régime, etc. ? Si oui, vous pratiquez le self-tracking. Vous aimeriez partager vos méthodes et apprendre ce que font les autres ? Alors passez au niveau supérieur avec le QuantifiedSelf.

Le QuantifiedSelf est une collaboration d’utilisateurs et de fabricants d’outils qui partagent un intérêt dans la connaissance de soi à travers le self-tracking. Nous échangeons de l’information sur nos projets personnels, les outils que nous utilisons, les trucs que nous avons glanés et les leçons apprises. Nous bloguons, nous nous rencontrons en face à face et collaborons en ligne.

Existe-t-il un terme ou une expression équivalente en français ?

Une mauvaise traduction littérale serait « quantification de soi ». Je préfère parler de « capture, analyse et partage de ses données personnelles » lorsqu’il s’agit de présenter le QuantifiedSelf en français.

Quels sont les principaux domaines concernés par ces enregistrements de données et de mesures ?

Sans que cette liste soit exhaustive, les principaux domaines concernés sont :
- Expérimentation sur soi-même
- Gestion du comportement
- Lifelogging, lifecaching, lifestreaming
- Suivi de sa position dans l’espace
- Information digitale sur le corps
- Données biométriques
- Auto-évaluation
- Auto-diagnostic
- Préparation physique et sportive
- Données de santé
- Nutrition et perte de poids
- Suivi et amélioration de sa productivité
- Informations génétiques personnelles

Quels sont les objectifs recherchés par les personnes qui enregistrent régulièrement des mesures de leur activité ou de leur environnement ? S’agit-il de mieux se connaître, de mieux estimer ses risques de santé, de se motiver par rapport à un but ?

Pour certains, il s’agit d’une démarche scientifique d’étude de soi, pour mieux se connaître au travers de données parfois jugées plus objectives que les mots.

Pour d’autres, il s’agit de développer de meilleures pratiques pour améliorer son hygiène de vie et réduire ainsi les risques d’accident de santé.

Souvent, il s’agit de la meilleure solution pour faire perdurer ses efforts et atteindre ses objectifs. Le partage d’objectifs avec ses amis et l’affichage public de ses efforts quotidiens, restant en effet le meilleur moyen d’être focalisé et motivé sur son succès.

Y a-t-il également une dimension ludique ? La première fois que j’ai entendu parler de Quantified Self, j’ai pensé à ma Wii Fit !

Bien-sûr, il existe une grande dimension ludique. Parmi les membres du groupe QuantifiedSelf Paris, citons Kat Legendre qui cherche des partenaires pour explorer collectivement Wii Fit. Autre exemple avec Quantter qui permet de gagner des badges à chaque fois qu’un certain nombre d’efforts ont été capturés et partagés. La gamification c’est un excellent ressort pour encourager chacun à poursuivre ses efforts. La dimension ludique entraîne détente et motivation. Elle permet même dans certains cas de dédramatiser, par exemple pour un régime alimentaire imposé ou pour une rééducation.

Le Quantified Self a le vent en poupe, aux Etats-Unis en tous cas. Quels sont les grands acteurs de cette nouvelle tendance ?

Les grands acteurs sont Google avec Google Health et Microsoft avec Microsoft HealthVault, qui se positionnent comme des plates-formes centralisées de santé.

Côté pure players, c’est RunKeeper qui semble être le plus en pointe notamment grâce à sa capacité à prendre en charge les données issues de multiples capteurs (ZeoFitbitWithings).

Faut-il dès le départ s’équiper d’appareils de mesure sophistiqués, de logiciels d’analyse de données, ou peut-on commencer à collecter des données intéressantes avec un papier et un crayon (ou un tableur) ?

Pour démarrer, je recommande d’utiliser des outils gratuits comme Quantter et RunKeeper. Ces outils permettent de définir des objectifs, d’enregistrer des données, de les analyser et de les partager.

Le temps des capteurs vient plus tard, lorsque l’on a défini plus précisément ses objectifs, qu’on a commencé à obtenir des premiers résultats et que l’on souhaite être assisté pour aller plus loin dans la capture automatisée des données

Une fois les données mesurées, certains outils permettent de les partager sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Est-ce que le « Exposed Self » est une pratique qui devient courante, ou la plupart des gens gardent ils soigneusement leurs données privées ?

Lorsque la motivation interne est suffisamment forte ou qu’elle doit rester secrète, il est tout-à-fait possible et souhaitable de garder ses données privées. C’est ainsi que procèdent par exemple des sportifs à l’entrainement ou des malades qui veulent éviter des rechutes.

Lorsqu’il s’agit de tenir ses bonnes résolutions du premier de l’an bien au-delà du 31 janvier et d’atteindre enfin durablement ses objectifs, la solution la plus efficace est souvent de partager ses objectifs et ses efforts quotidiens. Vos vrais amis seront alors à vos côtés pour vous encourager et vous permettre de vous dépasser.

C’est pour cette raison que les différents outils de QuantifiedSelf vous permettent de partager vos efforts sur Facebook, Twitter, etc. Pour éviter la surabondance de messages certains outils comme Fitbit proposent de n’envoyer sur les réseaux sociaux qu’un message par jour ou par semaine.

Peut-on imaginer que ces données soient utilisées à des fins de marketing ? Par exemple pour recevoir des propositions plus ciblées « en échange » de ces données, comme c’est déjà le cas pour beaucoup d’autres données personnelles ?

Avec le QuantifiedSelf, les grandes marques pourraient sponsoriser des milliers de clients potentiels. Associer son image à une seule personne présente un grand risque. Souvenons nous à cet égard des difficultés de Nike suite à l’affaire Tiger Woods. Un grand équipementier sportif aurait tout intérêt à s’associer aux dizaines de milliers de personnes qui courent des millions de kilomètres enregistrés dans des applications comme Runkeeper et Quantter. Les clients et les prospects de Nike, Adidas et autres sont déjà présents dans ces applications, c’est donc sur ces plates-formes qu’il faut aller les séduire.

Même si chacun est censé être propriétaire de ses données, elles se retrouvent souvent de fait capturées et emprisonnées par des grandes firmes telles que Facebook (et parfois piratées). En ce qui concerne ces données encore plus intimes et personnelles qui concernent par exemple notre corps, allons nous dans la même direction ? Ou des garde-fous législatifs et/ou techniques sont ils en train d’être mis en place pour empêcher l’appropriation des données par le secteur privé ?

Il existe différents types de stockage des données. Certains outils utilisent des formats propriétaires, comme le Philips DirectLife par exemple. Dans ce cas, la récupération de vos données pour changer d’outil n’est pas possible.

D’autres outils, Quantter ou Fitbit par exemple, proposent une API qui permet la récupération de vos données dans des fichiers d’export. C’est aussi ce qui permet l’utilisation de vos données par d’autres applications si vous le souhaitez. Ainsi, les données que vous enregistrez avec Fitbit, Zeo ou Withings peuvent avec votre accord être centralisées dans Quantter ou dans RunKeeper. Ceci est le moyen idéal de pérenniser vos données et de sauvegarder les traces de vos efforts sur des années : vous pourrez ainsi enfin vérifier l’atteinte de vos objectifs sur le moyen/long terme.

Enfin, pour les données privées, Quantter permettra bientôt un enregistrement de vos données sous un format crypté. Vous serez alors le seul à pouvoir les enregistrer, les consulter ou les télécharger. Cette solution mettra vos données définitivement à l’abri d’un usage commercial.

Une fois les données collectées, éventuellement partagées ou au contraire protégées, que peut on en faire ? Quels retours peut on espérer ?

En physique quantique, on sait que l’observation modifie l’objet observé. Il en est de même au niveau de la poursuite de vos objectifs. Si vous vous observez, si vous notez vos efforts, si vous les partagez et si vous vous penchez sur votre parcours alors vous obtiendrez de meilleurs résultats. En une citation, on pourrait rappeler que « l’effort persévérant triomphe des difficultés ». Enregistrez minutieusement vos efforts, vos succès et même vos échecs.

Affichez vos objectifs. Partagez vos efforts et vos succès avec vos amis. Appuyez vous sur votre communauté qui saura vous soutenir et vous conseiller.

Mettez en perspective vos données dans le temps, cherchez les corrélations entre vos différentes mesures pour prendre du recul et voir si vos efforts sont efficaces ou non et à quelles conditions.

Existe-t-il des moyens anonymes pour partager ces données pour qu’elles soient agrégées et qu’elles puissent par exemple servir de base d’étude pour des analyses scientifiques et médicales ?

Il est tout-à-fait possible de se créer des comptes anonymes sur les outils eux-mêmes ou sur Twitter pour partager ses données avec un tout petit nombre de scientifiques et de professionnels de santé. Au sein du groupe QuantifiedSelf Paris nous travaillons ainsi avec Alexandre Grzeczka, un nutritionniste, et Emmanuelle Perrier, une psychologue spécialiste des risques psychosociaux au travail sur les données à quantifier pour prévenir les risques de santé.

Réciproquement, peut on récupérer des résultats statistiques correspondent à son profil de données ? Par exemple obtenir une valeur d’espérance de vie personnalisée ?

A ma connaissance pas encore. Mais cela pourrait être possible dans un futur proche si on quantifie précisément les différentes données qui peuvent impacter votre espérance de vie, comme votre Indice de Masse Corporelle, votre activité physique, votre consommation d’alcool, de cigarettes ou autres drogues, etc.

Il est de plus en plus aisé de mesurer toutes sortes de données et de les partager. Le Quantified Self pourrait il devenir l’une des principales sources de données du mouvement Open Data ? Plutôt que d’essayer de rendre publiques les données qui sont aux mains des agences gouvernementales, ne sera-t-il bientôt pas plus simple de recréer ces données de manière peut être plus complète et plus fiable en utilisant les données collectées par les citoyens ? Avec des projets comme Open Street Map, des citoyens parviennent à s’unir pour recréer des cartes routières. Pourrait-on imaginer le même genre de collecte pour recréer les analyses de risques d’effets secondaires pour les médicaments ou des cartes représentant la radioactivité suite à des accidents ou fuites dans des centrales nucléaires ?

Tout-à-fait, la capture des données par le citoyen représente l’avenir de l’Open Data. Des premiers résultats statistiques sont d’ores et déjà disponibles. Ainsi sur le site CureTogether, à partir de questionnaires aux patients, il a été possible de déterminer les traitements médicaux et les méthodes alternatives qui sont les plus efficaces pathologie par pathologie.

QuantifiedSelf Paris vous propose le premier QuantifiedSelf Show&Tell en français et en France, dans la lignée des QuantifiedSelf Show&Tell inventés en 2008 par Gary Wolf et Kevin Kelly dans la baie de San Francisco.

Dans la 1ère partie de cette 1ère édition de QuantifiedSelf Paris (14h-18h), nous mettons l’accent sur des présentations d’entreprises afin de faire découvrir les bases de ce mouvement, à Paris et en français.

5 startups vous attendent pour vous présenter leurs visions et leurs solutions de QuantifiedSelf : 42GoalsQuantterWithingsMybewBiomouv

Nos 3 sponsors pour cet événement sont 42goals, Quantter et La Cantine. Contactez moi si vous aussi vous voulez être sponsor de QuantifiedSelf Paris.

Pratiquement, la journée du 10 juin débute à 14h et se déroule à La Cantine – située au 151 rue Montmartre 75002 Paris.
L’entrée à cet événement est libre.

La journée comportera également un retour sur la conférence QuantifiedSelf des 28-29 mai à Mountain View, CA.

Au cours de la soirée et pourquoi pas d’un diner, nous pourrons échanger entre self-quantifiers, early-adopters et startupers !

Compte-tenu de la capacité de la salle de conférence, cet événement est limité à 70 personnes. Aussi, nous demandons à chaque participant une inscription individuelle et anticipée sur http://www.meetup.com/qsparis

Une donnée ou une analyse surprenante, amusante et/ou intéressante issue de ta pratique du Quantified Self que tu pourrais partager avec nous ?

Après avoir passé plusieurs années à enregistrer des données personnelles et à les analyser, je suis arrivé à la conclusion que, en ce qui me concerne, le sommeil était la clé de voute. Quels que soient mes objectifs au-cours du temps, je n’ai pu obtenir des résultats satisfaisants que quand j’ai pu efficacement gérer mon sommeil. Je fais ainsi en sorte de dormir suffisamment en calculant la moyenne de mon sommeil quotidien établie sur une période de 5 jours glissants. A vous de chercher votre donnée primordiale et de trouver la méthode qui vous permettra de conserver ses valeurs dans un intervalle optimal.


Publié sur Interesting Views par Stéphane Gigandet le 31/05/11 à 16h25.