Le 2.0, c’est fait pour aider chacun à mieux travailler. À condition d’en comprendre la logique et d’en tirer le meilleur.

Un article de Veille magazine • Janvier / Février 2009• 37

Nous le savions déjà : Christophe Deschamps est certainement l’une des personnalités les
plus attachantes et douées de sa génération. Son dernier livre est simplement remarquable et mérite largement ses 5 étoiles des lecteurs d’Amazon et un classement de premier rang en
Knowledge Management, Groupware et C o m m u n i c a t i o n .
Christophe nous avait fait l’amitié de venir présenter son livre en octobre à ICC. Nous publions ici quelques morceaux choisis mais rien ne remplacera une lecture intégrale, aujourd’hui, demain, après-demain…

Au niveau professionnel, des contraintes de plus en plus lourdes pèsent sur le travailleur du savoir et sur l’entreprise qui l’emploie :
• Gestion de la mobilité • Gestion du temps • Information overload • Démographie. Ils peuvent cependant s’appuyer sur les technologies 2.0 pour mieux gérer ces contraintes. À condition d’être déployées de manière réfléchie, elles outillent le processus d’intelligence collective en rendant possible la mise en commun des idées, réflexions, contacts, etc. En s’intégrant au contexte de chaque situation, elles permettent des conversations de qualité au sein des entreprises et offrent les outils permettant de les transformer en actions.
Toutefois, les compétences collectives ne peuvent apparaître que s’il existe un seuil de
compétences individuelles fortes. Il faut donc donner aux travailleurs du savoir les moyens de
l’efficacité personnelle. Initiée ou facilitée par les organisations, cette démarche ne produira de
résultats que si les individus se l’approprient en déployant en parallèle une stratégie volontaire de développement personnel et d’autocoaching.
Il leur est possible pour cela de s’appuyer sur le modèle TIICC, qui, non seulement, tient compte des
bouleversements apportés par le web, mais également des besoins très concrets auxquels sont confrontés quotidiennement les travailleurs du savoir :
• Deux « métacompétences » : gérer son temps et gérer son information ;
• Trois compétences : gérer son identité numérique, gérer ses compétences, gérer son capital social.
Ce sont les conditions à réunir pour mieux innover, produire et vendre, car les entreprises se porteront d’autant mieux lorsqu’elles répondront aux besoins de leurs employés…
Le défi des années à venir est bien sûr d’ordre technologique : intégrer la vague des outils 2.0 dans les organisations.
Toutefois, il faudra le faire pour de bonnes raisons, au risque, sinon, de connaître de nouveaux échecs.
Malgré la fascination que nous pouvons avoir pour la technologie en tant que telle, les seules raisons qui vaillent sont liées au capital humain. Il faut « outiller » au mieux les travailleurs du savoir, parce qu’ils sont au coeur de l’entreprise, ou – plus exactement – parce qu’ils en sont le coeur.

Aussi étonnant que cela paraisse, les technologies 2.0 ne doivent pas être déployées dans les
entreprises dans l’objectif annoncé de mieux partager l’information, mais dans celui d’aider chacun à mieux travailler.
Michael Idinopulos, ancien responsable des technologies de la connaissance chez McKinsey et actuel vice-président de Socialtext99, distingue à ce propos les activités « dans le flux » (in-the-flow) des activités « au-dessus du flux » (above-the-flow). Il explique que « dans l’ancien monde des e-mails et des systèmes de knowledge management, nos outils et procédures
créaient une distinction forte entre “faire son travail” [activités in-the-flow, telles qu’écrire des emails] et “faire des retours à l’organisation” [activités above-the-flow, telles que contribuer au système de KM]».
Il en déduit : « Cette manière de concevoir la question vous assurait que les gens passeraient presque tout leur temps dans les e-mails et très peu à partager leurs connaissances. » Il propose donc d’utiliser les wikis qu’il considère comme nativement in-the-flow, puisqu’ils « créent simultanément, presque comme un sous-produit, [...] un capital extrêmement utile pour le reste de l’organisation pour trouver des experts, connecter des employés travaillant sur des sujets connexes, réutiliser des documents ou former de nouveaux employés ».

Ainsi, si les technologies 2.0 ont un grand rôle à jouer dans la découverte et le partage d’informations à valeur ajoutée, elles génèrent également du « bruit », c’est-à-dire de l’information
non pertinente, à un degré encore jamais atteint. Cela impacte directement l’efficacité des travailleurs du savoir et donc la rentabilité des entreprises qui les emploient. Toutefois, ces
inconvénients n’avaient pas attendu la vague 2.0 pour apparaître et cette nouvelle génération
d’outils, à l’inverse de la précédente, commence à déployer ses propres mécanismes de défense.
Les entreprises, initialement méfiantes, ont donc toutes les raisons de les envisager sous un meilleur angle… Sur internet, un même individu peut être à la fois blogueur, client, critique, joueur, expert, e-citoyen, journaliste-citoyen, etc. Tous ces rôles ont néanmoins un point commun,
ils se nourrissent d’informations et contribuent à en créer de nouvelles. Dès 2003, une étude intitulée « How Much Information ? », montrait que leur volume avait augmenté de 87 % en quatre ans (papier et numérique confondus). Avec l’apparition de sites comme Facebook, des blogs, des wikis ou encore des sites de journalisme citoyen, cette progression a sans doute connu depuis une progression exponentielle. Or, il se trouve que chacun de ces nouveaux services peut, à divers
degrés, intéresser les entreprises. Certaines voudront surveiller leur image, d’autres souhaiteront
cerner les profils marketing des internautes achetant leurs produits, d’autres encore tenteront d’en tirer des idées d’innovation, d’anticiper des tendances ou encore de mener des actions de buzz

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