La feuille : Le livre est un contenu comme les autres
Comme beaucoup d’observateurs (Fred Cavazza ou Damien Douani, Tristan Nitot, Monsieur Lam), il est difficile d’être vraiment convaincu par l’iPad, qui ressemble, oui André, à un outil dédié à la consultation de contenus en provenance des magasin d’Apple. De tous les contenus et pas seulement d’un seul, contrairement à bien des objets qu’on nous a vendu jusqu’alors (les Archos like pour les films, les iPod pour la musique, les Kindle pour le livre, la DS pour le jeux…).
Apple fait le pari que nous avons besoin de consulter des tas de contenus et pas seulement des livres, d’une manière fluide et mobile, en couleur, même sans grand confort de lecture ou sans autonomie géante. J’aurais tendance à être assez d’accord, même s’il y a visiblement encore quelques lacune dans le modèle présenté – en autonomie certainement. Une grande part de notre activité est une activité de consultation, sans interaction, sans création. Je crois assez à ce besoin de consultation mobile (avec une faible capacité d’interaction ou de création, même si elle existe tout de même – et c’est important) et agréable, de contenus variés (et pas uniquement dédiés).
Par contre, Apple a visiblement fait le choix d’une tablette assez fermée (peu de connectique, des applications fermées et contrôlées comme le dénonce la FSF), avec peu de possibilités de communication (pas de webcam pour faire de la téléconf., etc.), uniquement branchée sur ses boutiques en lignes. Et cela est beaucoup moins intéressant… à mon goût (mais vu le succès des applications, de l’iTunesStore, etc., il n’est pas sûr que mon goût soit représentatifs).
Du point de vue du livre, Apple n’a pas vraiment innové, l’interface du logiciel de lecture iBooks est une copie de Delicious Library. Elle est couplée à une librairie électronique : l’iBookstore (qu’on n’a pas encore eu le loisir de regarder, mais ebouquin détaille déjà tout ce qu’on en connait). Clément pose d’ailleurs quelques bonnes questions et montre un Apple moins agressif qu’Amazon envers les éditeurs – pas de marketing sur le prix des ouvrages pour l’instant – et qui propose déjà un modèle d’applications leur permettant d’imaginer des solutions pour rester maître de leurs contenus. Les catalogues ne seront pas tout de suite de la même taille, mais je fais le pari que le rattrapage d’Amazon sera rapide (les livres étant déjà disponibles au format numérique, il sera aisé pour les éditeurs de les porter d’une plateforme l’autre).
Il semble fort probable que cet iBookstore (qui est l’annonce d’une nouvelle offre de la part d’Apple, après la musique, les films et les applications) sera ouvert à d’autres produits que l’iPad (accessible notamment aux iPhone : il n’y aurait aucune raison de se priver de 70 millions d’utilisateurs potentiels !). Comme le souligne très justement Clément Monjou, d’ebouquin : « Amazon a vendu environ 1,5 millions de Kindle depuis novembre 2007 mais Apple dispose déjà d’un parc de 75 millions d’iPhone et d’iPod touch et de 125 millions de comptes iTunes associés à une carte bancaire. Amazon garde une longueur d’avance sur le marché de la lecture numérique mais voit en Apple son premier sérieux concurrent. »
Mise à jour du 29/01/2009 : « On est avec l’iPad dans un type de lecture qui est celui du magazine, avec tout ce que cela comporte d’esthétique, de mobilité, d’images de qualité, de mobilité du regard entre les titres, les chapeaux et les textes, entre la lecture rapide et la lecture profonde. L’écran rétroéclairé est ici un avantage par rapport à l’encre électronique des tablettes actuelles. Peu importe que cet écran soit à la longue plus fatiguant pour l’œil que l’encre électronique: la lecture d’un magazine est plus courte que celle d’un livre », explique Frédéric Kaplan pour LeTemps. Ce qui est intéressant dans la vision de Frédéric, c’est la distinction selon des critères graphiques, entre la forme web et colorée de l’iPad, et la forme grise et livresque du Kindle.
A lire aussi : les 10 choses qui manquent dans l’iPad chez Wired, et les 10 choses qui changent dans l’iPad sur TechRadar. Pourquoi l’iPad ne dessine pas le futur sur io9
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