La com’ au pouvoir ! Décryptez le langage des politiques et des médias

 

 

La com’ au pouvoir. Le nouveau langage des politiques et des médias enfin décrypté ! de Guy Achard

Broché, 224 pages, 12 euros TTC

ISBN : 978-2-916571-52-2

 

 

 

L’exercice du pouvoir est aussi devenu un exercice de communication.
Le langage sert souvent d’outil de mise en scène ou de travestissement de la réalité.

Les mots des gouvernants et des médias nous influencent considérablement et orientent nos choix de société.
Au croisement des sciences politiques et des sciences du langage, cet ouvrage décrypte toutes les manipulations qui permettent de séduire habilement l’opinion.
L’auteur révèle et explique toutes les figures de style, les faux-semblants, le double langage, toute cette nouvelle rhétorique des gouvernants ou des médias.

Chaque cas est illustré par des exemples réels de la manière dont elle est utilisée.
Avec rigueur et parfois espièglerie, l’auteur brocarde et décode les « petites phrases » des politiques, les discours et les arguments des gouvernants français ou internationaux, ainsi que les commentaires
des journalistes et éditorialistes.
Il s’agit là d’une grille d’analyse qui jette les bases d’une nouvelle rhétorique, fournit des clés de compréhension essentielles et propose une méthode simple pour exercer notre esprit critique et faire ainsi mieux vivre notre démocratie.

L’auteur
Guy Achard a été  directeur du Centre d’Études et de Recherches sur l’Occident Romain. Agrégé des lettres, docteur d’État, diplômé de sciences politiques, il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la communication, la  littérature et l’histoire romaines (Payot, Les Belles Lettres, PUF etc.).

Sommaire :

CHAPITRE  1 :
Les trois règles d’or de la parole
Dissimuler l’habileté
S’adapter à l’auditoire
Respecter le convenable

CHAPITRE 2
La parole au pouvoir
Exister et rassembler
Louer et excuser
Critiquer
Exhorter
Avant l’action
Dans l’action : éluder ou déguiser
Dans l’action : se défendre et attaquer

CHAPITRE 3
La parole médiatisée : le medium informatif
Faire savoir
Séduire 1
Inspirer confiance
Étonner
Atténuer : estomper ou réduire
Atténuer : adoucir ou excuser

CHAPITRE 4
La parole médiatisée : le medium engagé
Servir la bonne conscience
Discréditer les radicaux
Soutenir
S’opposer
Media et politique étrangère

 

Introduction :

Seul existe vraiment ce qui est médiatisé. Un événement dont on ne parle pas n’a, pour ainsi dire, pas eu lieu !
Cela a été vrai de tous les temps. Dans l’Antiquité, on retenait seulement ce dont parlaient les orateurs et les historiens, ce que chantaient les poètes, qui se partageaient la maîtrise de la communication. Mais aujourd’hui, c’est pire ! On ne prête attention qu’à ce qu’évoquent les moyens d’information, qui règnent en maîtres, et les politiques, qui utilisent leurs canaux. Et pourtant, nous sommes dans un univers où pullulent les media, qui devraient parler de tout.

Vous pouvez faire la plus belle découverte, si les communicants officiels n’en sont pas informés, ou s’ils ont décidé de ne pas en parler, elle sera peut-être connue de quelques chanceux, mais restera nécessairement ignorée du plus grand nombre et sera pratiquement nulle et non avenue. Des media mal intentionnés, ou à la botte d’un pouvoir, s’entendraient-ils dans un pays pour faire silence sur un fait, celui-ci trouverait quelque écho chez les gens directement concernés, dans de petits cercles confidentiels, mais serait finalement occulté et oublié. De fait, cette occultation peut se constater de nos jours : dans un État comme la Chine, par exemple, les opérateurs d’internet sont soumis à un filtrage rigoureux. L’on pourrait même redouter en Occident un escamotage total si s’exerçait une censure draconienne, une véritable police de la pensée, empêchant que ne se répandent des idées par trop anticonformistes ou que ne soient connus des événements dérangeants. Mais il y a plus : un événement n’a de l’importance qu’à proportion exacte de sa médiatisation. Peu évoqué, il aura une existence limitée. Largement propagé, même si son importance réelle est faible, il prendra une existence démesurée et un poids considérable. Ces constatations sont des évidences, objectera-t-on.

Certes, mais ce sont les évidences que l’on oublie le plus aisément. Il faut au contraire y penser toujours, car leurs conséquences sont généralement incalculables.La communication possède le formidable pouvoir de proposer une vision du monde différente de la réalité, en créant, en annihilant, en majorant, en minorant les choses à son gré. Elle peut nous dicter même nos sentiments. Elle module, elle gère nos émotions. Un grand homme meurt. Si les échos concernant ce décès sont rares, s’ils sont neutres, quelle que soit notre volonté d’échapper aux influences extérieures, nous n’attachons guère d’importance à cet événement. Disparaît une princesse séduisante. Si la nouvelle est répercutée mille fois, si elle est colorée de mille manières favorables, nous sommes profondément émus.Créant mais aussi gommant, la communication a donc un pouvoir plus que démiurgique.

Quant aux images, leur impact est évidemment considérable. L’image télévisuelle aujourd’hui, avec la haute définition, la troisième dimension et autres merveilles, est parée d’une brillance, d’une coloration, d’un relief, qui contrastent avec la fadeur, la grisaille et la platitude de notre Terre.

Par elle-même elle impressionne les sens et les esprits. Doublée d’une parole bien mise en situation et bien tournée, elle met en jeu toutes nos passions, tout notre individu. Cet impact se vérifie tous les jours. Un exemple entre mille : nous sommes fin 2007, la nouvelle majorité en France a déçu bien des électeurs. Or, il se trouve que des policiers sont pris pour cible dans une banlieue. Une bonne mise en scène de l’arrestation des « présumés » coupables rallie aussitôt aux gouvernants une notable partie de l’opinion jusqu’alors défavorable.

L’efficacité de l’information est renforcée aussi par le fait que les media sont dotés de deux caractères contradictoires : la fluidité et la capacité répétitive. La fluidité possède un effet constant de balayage, car les nouvelles, un temps retenues, sont vite remplacées par de plus récentes. Le temps se hâte et évacue toute chose. En outre, les sociétés sont accablées de tant de messages qu’elles ne peuvent tous les mémoriser.

Nous vivons aussi dans un monde vieillissant, à la mémoire vacillante. Une sénilité qui ne fera qu’empirer pour deux raisons : d’abord, la durée de vie s’allongera sans doute encore ; et ensuite, l’humanité, face à la surpopulation, sera obligée de limiter drastiquement les naissances. Même ceux qui veulent défendre la vie avant même la naissance seront obligés d’oublier leurs grands principes. Dans ces conditions, si les media sont suffisamment présents, ils rejettent sans cesse aux oubliettes, au profit des nouvelles actuelles, les événements passés.

En raison de leur fluidité, les media ont donc le pouvoir d’estomper et de détruire. Mais en revanche, s’ils répètent suffisamment certaines informations, celles-ci envahissent le champ de la conscience, s’ancrent durablement au milieu du flot qui s’écoule, et deviennent, grâce à la répétition, les seules réalités pérennes. En raison de leur capacité itérative les media ont le pouvoir de donner à tel ou tel événement, même éphémère, une véritable durée. La puissance médiatique puise aussi ses sources dans l’histoire même de la communication. L’écrit garde beaucoup de son prestige ancien : alors que les événements passent, lui reste. Même pour les plus sceptiques, ce qui est impriméparaît vrai. La parole, elle, a toujours bénéficié, dans la bouche des personnages en vue, d’un grand pouvoir.

Mise en oeuvre par les puissances de ce monde, elle impressionne toujours, car les responsables politiques, économiques et sociaux ont gardé une autorité qui marque l’auditeur. Pour peu qu’ils sachent manier la parole, leur image et leur verbe nous en imposent. Même dans un régime républicain, un chef d’État lance-t-il un projet que son idée passe pour un véritable article de loi, avant tout débat dans les assemblées représentatives. Sans compter que certains groupes, certains lobbies, devenus intouchables dans certains pays, peuvent émettre des messages qui détiennent une force irréfragable.

On pourrait objecter que dans la marche du monde ce n’est pas la communication publique qui est la chose la plus importante et que les ententes tacites jouent un plus grand rôle que les échanges officiels. J’en conviens. Je suis bien persuadé que les véritables décisions, les accords fondamentaux ne se prennent pas sur la place publique ou dans les assemblées élues. Les discussions de cabinet, les conciliabules secrets – sans trace écrite, ni téléphonique, ni informatique – sont le centre de la plupart des décisions fondamentales, même dans les prétendues démocraties. L’exercice du pouvoir politique offre la possibilité de procéder à maintes manoeuvres souterraines, à maints marchandages. Cela a toujours été vrai, puisqu’il y a plus de deux mille ans les accords de Lucques entre César, Pompée et Crassus, dont on n’a jamais su le contenu – sinon par quelques conséquences, elles visibles –, ont eu une grande importance dans le destin de l’Occident. Aujourd’hui, les négociations, tractations, transactions sont légion, sans que le « petit peuple » en soit averti ! Les décisions sont trop graves, pensent beaucoup de responsables, pour être laissées au jugement de la foule, si versatile et si futile, comme l’ont montré entre mille choses les référendums sur l’Europe…

Il arrive d’ailleurs que certains hommes politiques laissent échapper par maladresse un propos qui permet d’entrevoir le fonctionnement réel du pouvoir. L’un d’eux, aujourd’hui ténor de l’Assemblée nationale, s’est récemment targué, selon un magazine à grand tirage, d’avoir été de toutes les réunions secrètes ! Le commun des mortels, lui, ne voit donc que les épiphénomènes, les efflorescences des choses, et l’historien est bien à plaindre, qui se trouve devant la tâche redoutable de démêler ces arcanes ! La pratique dans les entreprises est souvent la même que chez les politiques. Certes, on trouve des imprudents qui se font épingler : des entreprises de signalisation routière ont récemment commis l’erreur de discuter d’un partage des marchés dans un lieu public et de formaliser les résultats dans un règlement intérieur ; la police, informée, a pu se saisir du document et donner du grain à moudre à l’Autorité de la concurrence.

De fait, il est avéré qu’en règle générale les ententes sur les prix et sur d’autres questions sensibles dans un même secteur se nouent dans des réunions très privées.

Mais, dira-t-on, aujourd’hui tout a changé. WikiLeaks est arrivé. Tout est devenu transparent. Je n’y crois guère.

Ce qui est vraiment important n’est pas confié en clair à des ambassades. Le chiffre existe encore. Et qui nous dit que WikiLeaks ne s’est pas livré aussi à quelque filtrage ? Il y a dans ces révélations de curieuses lacunes concernant certaines personnes et certains États. Et bien des nouvelles (hostilité de certains pays arabes envers l’Iran, menées israéliennes dans ce même pays pour soutenir l’opposition, déclenchement de la guerre en Irak sur de faux rapports, défiance des Américains à l’égard de certains Européens, etc.) n’étaient jamais que des secrets de polichinelle. En réalité, l’épisode WikiLeaks ne fera qu’augmenter les précautions contre les fuites et accroître la politique du secret. Ce souci constant de la discrétion – même dans les démocraties – semble rendre bien inutile le combat verbal. Mais, de fait, celui-ci reste capital. Quand négociations secrètes il y a, les interlocuteurs de ces conspirations doivent avoir la parole assez habile pour faire approuver leurs vues. Ensuite, dans les systèmes démocratiques, il faut faire admettre les décisions – qu’elles soient issues de ces ententes obscures ou, plus rarement, nées au grand jour – par des votes, par des consultations qui, heureusement pour les gouvernants, n’ont lieu qu’à des époques relativement éloignées !

Cette communication si importante, il est donc bien nécessaire de la maîtriser. Cela est depuis longtemps la préoccupation de l’homme : dans l’Antiquité s’est développé un art de communiquer que l’on appelait la rhétorique, un art que pratiquait dès l’école tout citoyen d’un certain rang d’Athènes et de Rome. On a déformé l’image de cet art en le transformant en une mise en forme plus ou moins décorative du langage, alors qu’il était surtout – ce qui est la base de toute communication – un moyen de convaincre. Il offrait tout un arsenal de figures portant sur des mots ou des phrases, qui ne visaient généralement pas à la beauté littéraire, mais à la persuasion.

Notre époque n’est pas en reste. La publicité a étudié les moyens de séduire l’acheteur potentiel. En politique, les candidats aux fonctions importantes, les maîtres du pouvoir, sont souvent des agrégés ès lettres au fait des armes du langage, ou des avocats rompus aux astuces du barreau. L’actuel président de la République française pense que la communication fait partie de l’action. Chacun s’entoure de conseillers.
Un institut, dans une grande métropole provinciale, organise des séminaires de jeunes leaders, l’un des thèmes étant : « Comment faire partager sa vision politique ? » Les partis réunissent des universités d’été où l’on perfectionne l’argumentaire.

Les maires des grandes villes ont des « dir’com’ ». Aux États-Unis, la républicaine Sarah Palin, avant son débat avec le candidat démocrate à la vice-présidence, Joe Biden, s’est enfermée pendant trois jours avec des stratèges en communication. Lequel Joe Biden n’a pas été en reste, en s’entraînant à débattre avec une… gouverneure de son parti, Jennifer Granholm. Il est sûr que les lobbies, les États étrangers, ont des officines de communication souvent déguisées avec d’honorables habillages pour faire leur propagande ou pour influencer les masses. Les grosses entreprises ont des directions de la communication. Des instituts, comme le Cegos ou le Demos, leur proposent des modules spécifiques pour les cadres : certaines de ces formations comme l’« assertivité » (c’est-à-dire la « capacité à s’affirmer en respectant l’autre ») sont à la base de la communication. Des manuels comme celui de Manfred Rudenauer développent les moyens de la rhétorique de toujours, exploitant même les figures des manuels antiques au profit de ceux qui parlent en public.

Mais, dira-t-on, la communication peut être sans artifice. En ce qui concerne les media, des écoles de journalisme, des filières d’information et de communication, rappellent comme il convient la déontologie. Le monde médiatique s’est toujours drapé dans une intégrité sans concession. Il veut informer et non déformer. Faire savoir sans prendre parti.

Nombre de journalistes cherchent à présenter une information sobre et se refusent à influencer l’auditeur, le lecteur, ou le téléspectateur. Les sites internet, qu’ils soient ceux de journaux ou de fournisseurs d’accès, présentent toutes les facettes de l’actualité et chacun peut trouver dans l’instant non seulement toutes les nouvelles dignes d’intérêt mais aussi des points de vue divers sur les événements. De même, on ne peut mettre en doute la conviction de nombre de politiques.

Il y en a qui sont allés jusqu’à mettre leur carrière en péril par intégrité ou par patriotisme. En outre, s’il y a des artifices dans la communication médiatique ou politique, ce n’est pas toujours au service de l’habileté. Il y a aussi un art de la communication qui aboutit à la beauté : de nos jours encore, en politique, la parole s’est souvent élevée jusqu’à l’éloquence. Les discours de beaucoup d’hommes politiques (ou de leurs rédacteurs) sont remarquables, empruntant souvent d’ailleurs aux plus belles figures de la rhétorique classique (belles anaphores, savants rythmes ternaires, gradations subtiles, frappantes antithèses, redoublements, reprises, etc.). Charles de Gaulle, André Malraux, François Mitterrand, Jean-Marie Le Pen, Dominique de Villepin et bien d’autres ont su galvaniser ou séduire leurs auditeurs.

Beaucoup de journalistes – malgré toutes les contraintes du politiquement correct, toutes les pressions des lobbies de toutes sortes – s’expriment non seulement avec clarté et franchise mais aussi avec un grand talent.

Cependant, la belle éloquence politique et le journalisme de qualité semblent, malheureusement, en perte de vitesse, et de façon logique la communication a eu tendance à développer, chez les hommes politiques, les journalistes et les rédacteurs des infos sur internet, l’utilité aux dépens de la beauté, l’habileté au détriment de l’objectivité, l’astuce de préférence à l’impartialité… La nécessité d’augmenter l’audience et les recettes publicitaires pousse à pratiquer une communication efficace et habile. Il ne faut pas oublier que les media ne fonctionnent pas dans un univers purement vertueux. Ils ne peuvent échapper, comme la plupart des institutions, aux intérêts politiques et économiques. Ils sont souvent aux mains de grands groupes ou de personnalités influentes qui gèrent l’activité médiatique comme une entreprise
et qui n’ont pas nécessairement le culte de l’objectivité.

D’autre part, la déontologie peut être variable : les uns seront partisans de tout dire ; d’autres penseront qu’il doit y avoir des restrictions (par exemple, pour protéger des otages, pour éviter de faire de la publicité à des trublions, etc.). Enfin, même les media qui font beaucoup d’efforts pour être sincères et impartiaux peuvent user inconsciemment de tours, de moyens plus subtils, car la rhétorique est assez courante pour s’imposer spontanément et, en ce domaine comme en d’autres, le conformisme joue à plein. Cela dit, je reste persuadé qu’aujourd’hui, à l’origine de ces pratiques qui se répandent dans les media et le public, se trouvent des gens, des lobbies ou des officines – qu’il faut tenter d’identifier – qui agissent en toute connaissance de cause pour influencer le public, et non pour exprimer une vérité. Comment imaginer qu’il n’y ait pas de nombreuses personnes pour exploiter cette toute-puissance du verbe et de l’image !
Aussi est-t-il apparu intéressant d’essayer de décrypter ce qui faisait la force de cette communication. De nombreuses analyses existent. Des émissions comme Déshabillons-les décortiquent les discours politiques. Mais il s’agit là de faire une analyse formelle de ces tours, sans délaisser une appréciation antithétique opposant les jugements des optimistes et des esprits critiques. Sans ignorer les armes traditionnelles du beau langage, j’insisterai davantage sur les tours plus subtils, plus habiles, en cherchant à débusquer des moyens souvent sujets à caution, que l’on doit repérer si l’on veut essayer de juger objectivement des faits et des sentiments.

Je dresserai un catalogue typologique en recensant ces moyens par l’intermédiaire de ce que l’on appelle depuis les temps anciens des figures, c’est-à-dire des tournures, des façons de s’exprimer ou de présenter les choses. Ces tours m’ont paru, dans la mesure où ils étaient nettement caractérisés et revenaient assez souvent, mériter le statut de figures au même titre que ceux qu’ont définis les rhéteurs depuis l’Antiquité. Il est même surprenant que l’on n’ait pas songé à procéder plus tôt à cette mise à jour de la rhétorique, à cette espèce de néo-rhétorique. Certes, nombre de ces habiletés ont été évoquées. Cependant je ne vois pas de tentative de recensement systématique.

Mais il faut préciser de suite que, comme le fameux traité de rhétorique romain adressé à Herennius, j’entends figure au sens large : il ne s’agit pas seulement de tours portant sur les mots, d’euphémisme ou de rythme ternaire, par exemple, mais de figures de phrase et même, au sens plus large, d’arguments.

En outre, on entend aussi par rhétorique, comme les Anciens, la mise en oeuvre du discours : la physionomie et la voix en font donc partie, comme les figures proprement dites. Mais je n’évoquerai que ponctuellement cet aspect qui demanderait une étude très développée.

Mes exemples se limitent généralement à l’année 2008 – ce qui permet de bénéficier de quelque recul et de ne pas avoir de trop longues listes. Ils sont pratiquement