EPFL : L’étude de la spatialité d’Internet et des espaces qui le composent offrent une occasion de questionner autrement la singularité des espaces territoriaux.


L’étude de la spatialité d’Internet et des espaces qui le composent offrent une occasion de questionner autrement la singularité des espaces territoriaux.
L’espace est, avec le temps, une de ces réalités qui ne se laisse pas définir aisément. Les limites de notre capacité à penser l’espace se résument en une question : où est l’espace ? Cette simple question, parce qu’elle est récursive, nous rappelle que ce qui nous paraît de premier abord évident (l’espace) ne l’est pas du tout. Il nous semble qu’il s’impose à nous par son omniprésence, mais sommes-nous certains de bien le comprendre ?

Cette difficulté à penser l’espace doit beaucoup à notre propension à entretenir une conception matérialiste de l’espace dont il est difficile de se défaire. Le XVIIe siècle avec Leibniz et le XVIIIe avec Kant ont initié un renouvellement important de la pensée de l’espace. Il apparut plus clairement que l’espace ne pouvait être assimilé à une chose matérielle. L’espace ne serait qu’un ordre de la coexistence. Pour paraphraser Kant, l’espace, avec le temps, serait une forme a priori de la sensibilité. L’un et l’autre nous permettent d’appréhender le réel et d’établir des relations entre les choses dont nous faisons l’expérience.

Cette qualité immatérielle et relationnelle de l’espace ne signifie aucunement qu’il n’est pas réel. Il convient en revanche de distinguer la notion de ce qu’elle qualifie. Nous pouvons distinguer l’espace comme concept, l’espace comme l’ordonnancement synchronique de la totalité du réel et un espace comme un ordonnancement particulier.

L’espace que nous habitons est en cela toujours un cas particulier, lui-même composé d’une multitude d’espaces. L’espace est celui de notre appartement, de notre table à manger, de notre chambre, de la maison, de la rue, d’un bâtiment, de la ville, d’un abri bus, d’un banc, de notre région, de notre pays et, de plus en plus, du Monde dans son ensemble. La compréhension de notre environnement suppose de prendre la mesure de l’ordonnancement des réalités qui le constituent et de leurs relations qui en initient le mouvement, la dynamique, le changement. Il s’agit de prendre la distance au sérieux, comme une problématique essentielle des modalités de la coexistence. S’informer, produire, transmettre, évaluer, devenir ou coexister exige sans cesse la mise en relation de réalités inégalement réparties dans l’espace. La ville, une bibliothèque, une école, un hôpital, une fontaine, l’Union européenne ou Internet sont autant d’espaces qui répondent à des problématiques sociales singulières.

Cet enseignement a vocation à illustrer la richesse et la complexité de l’espace et à souligner l’importance de toutes les relations que les individus établissent avec l’altérité. Pour cela, un espace particulier sera étudié : Internet. L’étude de la spatialité d’Internet et des espaces qui le composent offrent une occasion de questionner autrement la singularité des espaces territoriaux. iTunes, Amazon, Facebook, Wikipédia ne sont pas que des services, ce sont aussi des espaces. Ces espaces, parce qu’ils sont totalement créés, offrent une lecture renouvelée des pratiques individuelles et de l’arbitrage qui s’opère quotidiennement entre des espaces territoriaux et réticulaires.

Pour approfondir ce sujet, l’École polytechnique fédérale de Lausanne recommande la lecture des ouvrages FYP éditions :

Laurent Gille, 2009. Les dilemmes de l’économie numérique. FYP éditions.

Christian Licoppe, 2009. L’évolution des cultures numériques. FYP éditions.

Related posts:

  1. Impatience – Radio suisse romande, Nancy Ypsilantis. Les médias géolocalisés
  2. Toute personne intéressée par une vue prospective sur les relations entre les hommes et les objets et leurs développements futurs se doit de lire « La métamorphose des objets »
  3. Internet Actu, Les entretiens du nouveau monde industriel, la métamorphose des objets